Marche en charge et exercices d’appui pour la jambe affectée
Informations sur la mise en charge et les exercices d'appui après lésion cérébrale, visant force, équilibre et transfert, avec évaluation et supervision par…
Mis à jour le 03/10
Points à retenir
- La mise en charge et l’appui sont des éléments centraux de la marche.
- Une évaluation initiale par un kinésithérapeute ou un médecin rééducateur est recommandée avant de modifier la mise en charge ou d’introduire des exercices d’appui.
- Principe 1 : privilégier des tâches fonctionnelles progressives.
- Assise → debout assistée : il s’agit de réapprendre le transfert du siège au soutien debout.
Cette page informe sur la marche en charge et les exercices avec appui pour renforcer une jambe affectée après une lésion cérébrale, en particulier dans le contexte probable d’un AVC. Ce contenu est à visée informative et ne remplace pas un avis médical ou kinésithérapique.
Pourquoi travailler la mise en charge et l’appui de la jambe affectée ?
La mise en charge et l’appui sont des éléments centraux de la marche. La force des muscles clés des membres inférieurs est liée à la vitesse de marche et à la capacité à monter des escaliers, selon l’argumentaire de la Haute Autorité de Santé. Travailler l’appui vise à améliorer la force, l’équilibre et l’endurance nécessaires aux transferts et à la locomotion.
Les objectifs peuvent être multiples : rendre les transferts plus sûrs, augmenter la capacité à soutenir le poids du corps sur la jambe affectée, améliorer le contrôle postural lors du pas. Ces objectifs sont des orientations générales. Aucune promesse de récupération totale ou de résultat garanti ne doit être déduite de ces indications.
La littérature souligne que renforcer les muscles peut augmenter la force musculaire. La traduction de ce gain de force en amélioration mesurable de la vitesse ou du périmètre de marche reste variable selon les études, d’après la HAS et des revues Cochrane. Ainsi, travailler la mise en charge est pertinent mais doit s’inscrire dans une démarche évaluée et personnalisée.
Qui doit évaluer et superviser ces exercices ?
Une évaluation initiale par un kinésithérapeute ou un médecin rééducateur est recommandée avant de modifier la mise en charge ou d’introduire des exercices d’appui. Les lignes directrices citées insistent sur l’évaluation clinique et sur la prise en compte des contre‑indications potentielles.
La supervision permet d’identifier des signes qui exigent l’arrêt de l’exercice et une consultation médicale, par exemple une douleur aiguë, un essoufflement excessif, des vertiges ou une douleur thoracique. Ces signes doivent conduire à suspendre l’effort et à demander un avis médical.
La décision de progresser vers des appuis plus unilatéraux ou vers des aides techniques doit être prise après examen clinique et en fonction de l’état fonctionnel. Les guides de bonnes pratiques mentionnés recommandent de s’appuyer sur l’évaluation individuelle pour adapter la prise en charge.
Principes de base des exercices avec appui et de la mise en charge
Principe 1 : privilégier des tâches fonctionnelles progressives. L’entraînement de tâches répétées (repetitive task training) consiste à répéter des activités proches de la marche pour travailler la fonction. La revue Cochrane sur les entraînements de tâches répétées soutient l’intérêt de ce principe.
Principe 2 : combiner renforcement musculaire ciblé et entraînement à la marche. Les recommandations indiquent que le renforcement des membres inférieurs, associé à des exercices fonctionnels, vise la capacité à accomplir des tâches comme la marche et les transferts. La HAS et les guides internationaux le mentionnent comme option d’intervention selon l’état fonctionnel.
Principe 3 : progression pédagogique de la charge. La progression s’entend comme une montée en complexité et en sollicitation : d’un travail en position assise vers des supports debout, puis vers des appuis plus sollicitants. Cette logique pédagogique s’explique par la nécessité d’apprendre ou de réapprendre le transfert du poids sans présenter ici de chiffres chiffrés ou de protocoles de charge.
Principe 4 : recourir à des aides et dispositifs lorsque nécessaire. Barres parallèles, déambulateur, orthèses, tapis roulant avec ou sans soutien du poids et appareillage électromécanique peuvent être envisagés sous prescription et supervision. Les revues Cochrane sur le tapis roulant et l’appareillage électromécanique rapportent des bénéfices pour certains patients quand ces dispositifs s’intègrent à la kinésithérapie.
Exemples types d’exercices (descriptions qualitatives)
Assise → debout assistée : il s’agit de réapprendre le transfert du siège au soutien debout. L’objectif est de réinstaller la coordination nécessaire au déplacement du centre de gravité du tronc vers les membres inférieurs, puis vers la jambe affectée lors du passage en appui.
Appuis progressifs et appuis pondérés : ces gestes consistent à encourager le déplacement du poids du corps vers l’avant et vers la jambe affectée, par des variations d’appui contrôlées. Le concept pédagogique est d’habituer la personne à tolérer et à contrôler une charge croissante sans proposer de chiffres de progression sans source.
Travail de la poussée plantaire et du contrôle du genou : décrire des mouvements ciblant les fléchisseurs plantaires et les extenseurs du genou permet de comprendre quels muscles participent à la propulsion et à la stabilité. La corrélation entre la force de ces muscles et la performance de marche est mentionnée par la HAS.
Tâches répétées de marche : pratiquer des pas, marcher sur place ou réaliser des parcours variés met l’accent sur la répétition fonctionnelle. Le principe de répétition pour améliorer la capacité fonctionnelle est soutenu par la revue Cochrane sur le repetitive task training.
Pour chaque exemple présenté, il faut considérer ces gestes comme des idées à discuter et à adapter avec un kinésithérapeute. Ces descriptions ne constituent pas des prescriptions chiffrées ni des protocoles thérapeutiques complets.
Quand la mise en charge est contre‑indiquée ou nécessite prudence ?
Certains états requièrent un avis médical préalable avant d’engager une mise en charge plus importante. Instabilité cardiovasculaire, douleur inexpliquée, fracture récente, suspicion de thrombose veineuse ou plaies ouvertes figurent parmi les situations pour lesquelles un professionnel doit être consulté.
Ces situations ne doivent pas être traitées par des conseils généraux sans examen. L’orientation vers un professionnel qualifié permet d’identifier les risques et d’adapter la prise en charge en conséquence.
Que peut‑on attendre des exercices ? Limites et preuves
Les preuves montrent que le renforcement augmente la force musculaire des membres inférieurs. Le transfert de ce gain de force vers des améliorations de la vitesse de marche ou de l’endurance est documenté mais variable entre études, selon la synthèse de la HAS et des revues Cochrane.
Certains dispositifs, comme le tapis roulant avec ou sans soutien du poids et les appareils électromécaniques, ont montré des bénéfices pour la marche chez des patients sélectionnés. Ces bénéfices ne s’appliquent pas uniformément à tous les cas et dépendent de l’intégration dans une prise en charge globale de rééducation.
Cas particuliers : phase aiguë, spasticité, personnes non ambulantes
Phase aiguë : en contexte hospitalier, la priorité est une évaluation multidisciplinaire. Il ne faut pas imposer de charges sans avis médical et sans ajustement des objectifs thérapeutiques, conformément aux recommandations citées.
Spasticité : le renforcement n’est pas forcément contre‑indiqué mais doit être adapté. Les recommandations évoquent l’évolution des pratiques et la nécessité d’une adaptation individuelle.
Personnes très faibles ou non ambulantes : l’entraînement assisté, par exemple dans des barres parallèles ou avec un soutien de poids sur tapis roulant, peut être une option sous supervision. Les revues Cochrane discutent du rôle de ces approches pour certains profils de patients.
Conseils pratiques pour intégrer ces exercices au quotidien
Adapter les tâches du quotidien pour solliciter la jambe affectée de façon fonctionnelle est une voie concrète : marcher sur des surfaces variées, pratiquer des transferts contrôlés, intégrer des parcours simples. L’intérêt réside dans la répétition et la régularité des gestes fonctionnels.
Associer travail de force, endurance et tâches fonctionnelles favorise une approche globale. Le suivi régulier avec un professionnel permet de sécuriser la progression et d’ajuster les objectifs en fonction des capacités observées.
Quand consulter et orientation vers des ressources professionnelles
Consulter un kinésithérapeute, un médecin de rééducation ou un neurologue est conseillé en cas de doute, de signe d’alerte ou pour établir un programme adapté. Les sources officielles et les guides de bonnes pratiques listés ci‑dessous sont des repères pour approfondir et orienter la prise en charge.
Références et lectures recommandées
- Haute Autorité de Santé — « Accident vasculaire cérébral : méthodes de rééducation de la fonction motrice chez l’adulte ». https://has-sante.fr/jcms/c_1334330/accident-vasculaire-cerebral-methodes-de-reeducation-de-la-fonction-motrice-chez-l-adulte?xtcr=1&xtmc= (consulté le 04/09/2026).
- HAS — Argumentaire et détails (document PDF) « Exercices de marche ». https://has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-07/_reco_321_argumentaire_avc_mel_lg_v0_mg.pdf (consulté le 04/09/2026).
- Cochrane Review — Repetitive task training for improving functional ability after stroke. https://www.cochrane.org/evidence/CD006073_repetitive-task-training-improving-functional-ability-after-stroke (consulté le 04/09/2026).
- Cochrane Review — How effective are different physical rehabilitation approaches in the recovery of function, balance, and walking after stroke? https://www.cochrane.org/evidence/CD001920_how-effective-are-different-physical-rehabilitation-approaches-recovery-function-balance-and-walking (consulté le 04/09/2026).
- Cochrane Review — Treadmill training and body weight support for walking after stroke (Mehrholz et al.). https://doi.org/10.1002/14651858.CD002840.pub4 (consulté le 04/09/2026).
- Cochrane Review — Electromechanical gait-training devices after stroke. https://www.cochrane.org/evidence/CD006185_do-electronic-or-robotic-gait-training-devices-help-people-walk-better-after-stroke (consulté le 04/09/2026).
- Canadian Stroke Best Practices — Lower Extremity, Balance, Mobility and Aerobic Training. https://www.strokebestpractices.ca/recommendations/stroke-rehabilitation-delivery/4-lower-extremity-balance-mobility-and-aerobic-training (consulté le 04/09/2026).
- Ameli — Le quotidien après un AVC — rééducation et conseils. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/accident-vasculaire-cerebral-avc/avc-apres (consulté le 04/09/2026).
- VA/DoD Clinical Practice Guideline for Stroke — section mobilité et exercices. https://www.healthquality.va.gov/guidelines/Rehab/stroke/stroke_full_221.pdf (consulté le 04/09/2026).
Encadré : ce contenu a une visée informative. Il ne remplace pas l’évaluation et la prescription d’un professionnel de santé.





